Vous est-il déjà arrivé d’être à votre arrêt de bus, et de pouvoir voir le prochain très facilement. Peut être que vous pensiez pouvoir vous y rendre en 1 à 2 minutes de marche tout en vous demandant ce qu’il faisait là, malgré qu’il y en ait un autre très près. Eh bien, vous venez de trouver une des causes les plus fréquentes de bus en retard; l’espacement des arrêts. Mais pourquoi sont-ils aussi proches?

Traditionnellement, nous voulions mettre les arrêts le plus près possible des résidents, c’est à dire à chaque coin de rue avec une artère principale, afin que les citoyens de chacune des rues puisse se rendre à un arrêt (voir image ci bas). Mais contemporainement, notre vision du transport collectif à changé de ce modèle, à un modèle qui a des arrêts plus distanciés, mais meilleurs. Ce nouveau modèle permet aussi de ne pas redesservir un même domicile 2 fois ce qui permet au bus d’avancer plus rapidement.

Exemple de la zone d’attraction de l’arrêt selon un vieux concept, ainsi que’un nouveau concept

Une ville Québécoise qui a du mal à espacer ses arrêts est la ville de Saguenay. Sur sa colonne vertébrale ; la 175, certains arrêts sont parfois à moins de 150m l’un de l’autre, soit 2 minutes de marche. Afin de bien démontrer cet enjeu, j’ai créé une carte de Saguenay (Photo ci bas) Qui montre en détail l’espacement des arrêts sur son territoire.

Exemple d’espacement des arrêts sur la 175, dans Chicoutimi

Une personne normale peut marcher environ 400m en 5 minutes, et 5 minutes, ce n’est pas long. Si l’on regarde la carte ci haut, la plupart des arrêts sont situés à moins de 200m l’uns des autres, ce qui définit le temps de marche entre les arrêts à environ 2:30 min. Le temps q’un bus s’arrête, ouvre les portes, les referme, et accélère prend en moyenne 50 secondes, donc la distance pouvant être marchée en environ 3 minutes par quelqu’un, peut prendre 1:30 min pour qu’un autobus puisse la parcourir.

Si l’on enlève seulement la moitié de ces arrêts, les temps de marche entre arrêts ne seront même pas de 5 minutes, ce qui est tolérable pour quelqu’un à pied. De plus, pour le bus, qui peut prendre environ 50 secondes à compléter un arrêt, si chaque arrêt est utilisé, les temps de trajet pour le bus pourraient considérablement être réduits. Si on se fie à l’image ci dessous, les économies en temps pour le bus pourraient s’élever à 4:10 min, seulement pour la portion du Centre-Ville de Chicoutimi.

Modification de la 175 dans le Centre-Ville de Chicoutimi afin d’accélérer le bus

Ce concept, Ottawa l’a bien compris. Au centre-Ville d’Ottawa, les arrêts sont à une distance moyenne d’environ 240 mètres, comparé aux environ 170 mètres de Chicoutimi. De plus, le rayon de 300 mètres autour de la ligne à Chicoutimi comparé à Ottawa est beaucoup moins populeux. Selon Gemini et Statistiques Canada 2021, il y aurait environ 4000 habitants dans le Centre-Ville de Chicoutimi, pour environ 10 arrêts. Pour la même longueur, Ottawa aurait 6 arrêts, pour desservir 24 000 habitants. Donc, si l’on suit cette logique, on a besoin de plus d’arrêts pour desservir moins de gens?

Comparaison des centre-Villes d’Ottawa et de Chicoutimi

Selon moi, afin de fluidifier le transport collectif à travers le Saguenay, je crois que tous les arrêts devraient êtres revus, autant en terme d’utilisation, qu’en terme de distance avec le prochain. Heureusement pour eux, ma prochaine chronique tiendra aux conséquences de cette pratique provenant d’une époque qui n’est plus représentative d’aujourd’hui. Si vous voulez voir cette prochaine chronique, je vous invite à entrer votre courriel ci bas afin de recevoir une notification quand elle deviendra publique. En attendant, je vous invite à regarder autour de vous la prochaine fois que vous prendrez le bus; est-il possible de voir le prochain arrêt d’où vous êtes?

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